Doit-on quitter x ?

un réseau éthique ?

Une plateforme d’information ?

Le lieu de tous les excès ?

Un canal de cyber-harcèlement ?

Doit-on quitter x ?

une plateforme d’information ?

Dans cette controverse certains acteurs estiment que X est une plateforme essentielle pour créer et diffuser l’information. Ce réseau social se dessine alors comme salvateur de la liberté d’expression. A contrario, une partie de la population considère X et son nouvel ADN comme une plateforme d’information nocive, régie par la course au buzz et favorable à la désinformation

Un créateur de l’information ?

Twitter, depuis sa création et aujourd’hui encore, impacte le modèle d’information. La diffusion et la consommation des informations se fait de manière immédiate : le modèle d’information est aujourd’hui devenu instantané.

Ce réseau social, de par ses spécificités fonctionnelles, à engendré un mouvement de banalisation, d’instantanéité et de marchandisation de l’information ainsi que la simplification des sujets traités.

Le saviez-vous ?

En août 2006, lorsqu’un tremblement de terre secoue San Francisco, c’est la première fois que le monde se rend compte que Twitter de l’impact du réseaux social. Il devient central dans la diffusion d’informations instantanées.

En effet, X est devenu une plateforme essentielle pour le partage de l’information, se dessinant comme une source instantanée inépuisable de sujets centraux qui animent la société.

L’ex-Twitter permet de pousser les sujets du débat public sur le devant de la scène notamment grâce une audience importante et très réactive qui crée les dynamiques informationnelles.

MILLIONS

D’utilisateurs journaliers dans le monde

MILLIONS

De visiteurs en moyenne par jour en France

TWEETS

Chaque jour dans le monde

TWEETS

Chaque seconde dans le monde

Par ailleurs, c’est aujourd’hui le réseau social le plus utilisé par les journalistes. Il permet grâce aux “Trends” de repérer les polémiques qu’ils aborderont en dehors de la plateforme. X agit comme une véritable “caisse de résonance”.

De ce fait, les acteurs favorables à l’idée de rester sur X, peuvent considérer les polémiques comme l’expression des sujets sociétaux cruciaux. Rester sur ce réseau social permet de ne pas rater l’information, il est devenu un acteur trop essentiel de partage d’information. Certains considèrent même que Twitter fait l’information.

La liberté d’expression, essence d’un équilibre démocratique

A l’achat de Twitter par Elon Musk, de nombreuses réformes ont entraîné la réduction de la modération afin d’assurer une plateforme permettant la liberté d’expression. Sur X, tout le monde peut s’exprimer librement : la parole est donnée à tous et chacun peut devenir informateur

Le saviez-vous ?

Le premier à avoir évoqué « l’affaire DSK » est un citoyen lambda nommé Jonathan Pinet,. C’est grâce à Twitter qu’il diffuse l’information. Son tweet sera utilisé par les journalistes.

Cette dynamique de l’individu informateur à entrainé sur X un mouvement de libération du débat public. Ce réseau social devenant le symbole d’une expression libre.

X peut alors être alors désigné comme un outil engagé. L’utilisateur lambda informe, commente, critique afin d’élever le débat. La pluralité des opinions est alors permise.
Rester sur Twitter pour assurer la liberté d’expression devient alors pour certains un enjeu d’équilibre démocratique.

Fragment n° 1 – Ivan Rioufol : Rester sur X pour la liberté d’expression.

Ivan Roufiol, journaliste engagé à droite, est un acteur qui ne considère pas que les polémiques sur X doivent nous pousser à quitter la plateforme. Il se considère, à travers le réseau social, comme défenseur de la liberté d’expression face à des opinions “aseptisés”. Il confère aux nouvelles réglementations instaurées par Elon Musk un effet salvateur pour la liberté d’expression. Cette diversité d’opinions étant pour lui un prérequis pour l’équilibre democratique.

Information ou course au buzz ?

Le sensationnel au détriment de l’information :

L’idée que tout le monde puisse devenir informateur sans analyse constructive entraînerait un phénomène de course au buzz.

Sur X, chaque opinion compte et peut bénéficier de son effet de caisse de résonance sans modération. Le succès d’une information sur X dépendrait de la capacité à choquer et à susciter des réactions émotionnelles et ce, au détriment d’une information vérifiée et sourcée. Les prises de position extrêmes et les jugements hâtifs sont encouragés, favorisant une culture du « clash » et de l’opposition systématique. Une partie de la population considère alors X et son nouvel ADN comme une plateforme d’information nocive.

Fragment n° 2 – Guillaume HB : Rester sur X pour lutter contre la désinformation

Guillaume HB est un “fact checker” qui “lutte contre la désinformation, le complotisme et le bullshitisme” sur X. Depuis 20 ans, il vérifie les informations sur le réseau social et dénonce puis rectifie les fake news. Guillaume HB milite pour rester sur X afin de ne pas laisser cours à la course au buzz et aux polémiques. Il dénonce les nouvelles fonctionnalités de X et son écosystème favorisant le buzz qu’il considère nuisible à l’information.

Un journalisme biaisé par le buzz :

Pour ceux qui se rangent du côté de l’avis de fact checker, X devient une plateforme à polémiques éphémères avec une pluralité de dénonciations et critiques constantes.

L’Ex-Twitter apparaît alors comme un écosystème de fake news qui prennent une grande ampleur dans l’engrenage de ce réseau social. De par l’importance de X dans le modèle de diffusion de l’information mondiale, la course au buzz sur la plateforme impacte l’information à grande échelle.

X, le réseau social des journalistes est selon cette vision le créateur d’un journalisme biaisé influencé par la course au buzz.

Une plateforme de sinformation ?

Selon une étude réalisée par TrustLab, X a le taux de désinformation le plus élevé comparé aux autres réseaux sociaux disponibles en Europe. Son « taux de découvrabilité » des fausses informations est aussi le plus élevé : les fake news sont mises en avant par l’algorithme. L’ex-twitter possède également le ratio de compte diffusant de l’information biaisé le plus élevé.

Le saviez-vous ?

Un enquête sur X à été ouverte par la Commission européenne pour la diffusion de « fausses informations », « contenus violents et à caractère terroriste » ou « discours de haine » suite à la création de multiples faux comptes diffusant des fausses informations après les attaques du Hamas contre Israël.

Ce phénomène de désinformation sur X souligne la nécessité d’une réflexion sur la régulation des réseaux sociaux pour garantir un espace public numérique plus démocratique et responsable. Pour certains, la liberté d’expression sur Twitter n’est pas synonyme d’une démocratie équilibrée. Cette liberté à outrance est plutôt considérée comme un danger mettant en lumière les buzz non sourcés. Les opinions radicales sont mises en avant par un algorithme friant des informations extrêmes sans nuances qui font réagir et interagir.

Par ailleurs, l’idée selon laquelle Twitter et sa liberté d’expression permettent la diffusion d’un éventail complet d’opinions est remise en question. Un effet de prisme de l’information est mis en avant par les acteurs qui mettent en garde contre cette liberté d’expression et la désinformation sur Twitter. Les sujets tendances mis en lumière par l’algorithme focalisent l’entièreté des utilisateurs et laisse croire que tout le monde partage cet opinion. L’information est en réalité horizontale sur X. Le phénomène de bulle de filtre est avancé avec la création de groupes d’opinions homogènes, limitant l’exposition à des opinions contraires et diverses. En outre, les utilisateurs et les sujets mis en avant sur le réseau social sont loins d’être représentatifs de la société mais plutôt d’un faible pourcentage de personnes indignées et influentes sur la plateforme.

Dans cette dynamique de liberté d’expression, X s’est retiré du code européen des bonnes pratiques contre la désinformation.

Fragment n° 3 – Université Jean Moulin Lyon 3 : Partir face à ce phénomène de désinformation contraire aux valeurs d’une université.

L’université Jean Moulin Lyon III à décidé de quitter X face, entre autres, à ce problème de désinformation. Nous avons pu constater cette décision pour plusieurs universités de France (Bordeaux, Aix-Marseille, Rennes…). La décision du retrait de l’Ex-twitter du code européen des bonnes pratiques contre la désinformation ayant agi comme le déclencheur de ces décisions. La désinformation prouvée régnant sur ce réseau social se dessine comme un phénomène contraire aux principes des institutions publiques.

Doit-on quitter x ?

le lieu de tous les excès ?

Plongeons dans les méandres du web. Si Twitter a toujours été un terreau fertile pour la haine en ligne, l’arrivée d’Elon Musk et d’une liberté d’expression sans borne sur la plateforme n’ont fait que mettre le feu aux poudres de polémiques déjà bien trop brûlantes 

Haine et violence en ligne

Ne vous y trompez pas, la haine en ligne existait d’ores et déjà du temps de Twitter, comme nous le montre la viralité de l’hashtag #UnBonjuif en 2012. De fait, il était arrivé 3èmemot-clé le plus populaire sur la plateforme, véhiculant stéréotypes antisémites et appels au meurtre.

Mais selon plusieurs ONG, les messages haineux sur X ont augmenté de manière significative depuis le rachat du réseau social par Elon Musk.

Les insultes contre les Noirs américains, les homosexuels et les messages antisémites ont tous augmenté après l’acquisition de Twitter par l’homme le plus riche du monde.

La réponse d’Elon Musk pendant la conférence ? «J’espère qu’ils arrêteront. Ne faites pas de publicité », puis d’ajouter, « Si quelqu’un veut me faire chanter avec de la publicité, me faire chanter avec de l’argent, qu’il aille se faire foutre. Allez vous faire foutre. Est-ce clair ? J’espère que c’est clair »

Le départ des annonceurs 

Dans ce contexte explosif, des géants du monde de l’entreprise, tels qu’IBM, Apple, Disney et Sony, ont pris position en retirant leurs publicités de la plateforme.

Pour cause, ils estiment qu’Elon Musk y fait l’apologie de l’antisémitisme en soutenant des théories complotistes et controversées véhiculées sur la plateforme. 

Le retour des comptes bannis

Pendant ce temps Elon Musk, après un sondage à ses internautes, réintègre des figures controversées telles que Donald Trump et Kanye West, après qu’ils aient été bannis de Twitter pour des propos haineux et antisémites.

Cette « décision démocratique », selon Elon Musk, symbolise une volonté d’affirmer une liberté d’expression sans limite, où la haine et la violence ne souffre d’aucune sanction.

La violence virtuelle en quelques chiffres

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C’est la proportion d’internautes visés par un message privé ou un tweet injurieux sur Twitter.

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C’est le pourcentage d’augmentation des tweets antisémites depuis le rachat en 2022.

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C’est la proportion de posts publiés en France qui ont été retirés à cause de leur violence.
Fragment n° 4  – Elon Musk

Le milliardaire met en avant la volonté de X de réduire la propagation des discours haineux sur sa plateforme et de favoriser un environnement en ligne plus positif et respectueux en affirmant qu’aucun contenu négatif n’y est toléré.

 

Un climat plébiscité

Certains internautes semblent pourtant être attirés par le climat controversé qui régne sur Twitter et sur X, soutenant leur présence sur la plateforme sans y voir une quelconque forme de violence sérieuse.

Pour ces individus, le réseau est un espace où exprimer leurs opinions de manière agressive et attaquer les autres anonymement est perçu comme un moyen de se divertir, sous couvert d’humour ou de liberté d’expression.

Malheureusement, cette attitude contribue à perpétuer un cycle de violence en ligne, rendant l’expérience sur X toxique pour de nombreux utilisateurs.

Doit-on quitter x ?

un canal de cyber-harcèlement ?

Sur Twitter, le harcèlement en ligne était un problème courant. Les utilisateurs étaient souvent confrontés à des attaques personnelles, des insultes et même des menaces, surtout lorsqu’ils abordaient des sujets sensibles comme la politique ou l’environnement. Malheureusement, le changement pour X n’a pas amélioré les choses…

Le saviez-vous ?

Un rapport récent publié par X (ex-Twitter) conformément aux directives européennes révèle que la France est le pays d’Europe où le plus grand nombre de messages violents et haineux sont supprimés par les modérateurs de la plateforme. Entre le 28 août et le 20 octobre 2023, 16 288 posts ont été retirés en France, surpassant ainsi l’Allemagne et l’Espagne.

Le rapport, rédigé par les dirigeants de X selon les exigences du Digital Service Act, montre que 6 000 posts jugés violents ont été retirés en France, avec également plus de 400 posts liés au harcèlement. C’est le premier rapport rendu public par X sur son activité dans les 27 pays de l’Union européenne depuis l’entrée en vigueur du DSA en août 2023.

 Un fléau qui s’intensifie

X est devenu un terrain de violence où plusieurs groupes, notamment les ados, les féministes, les personnes racisées, homosexuelles ou transgenres, sont ciblés sur Twitter. Les journalistes ne sont pas épargnés, leur présence quasi-obligatoire sur la plateforme les expose au harcèlement, surtout quand ils sont des femmes.

Des exemples abondent, allant des insultes aux attaques personnelles, mettant en lumière les risques du cyber-harcèlement sur leur lieu de travail. Les répercussions peuvent être graves, allant de la diffamation à la menace de viol. 

En ce qui concerne les chercheurs, leur fuite s’intensifie également depuis l’arrivée d’Elon Musk chez Twitter. Une étude récente révèle que les défenseurs de l’environnement quittent de plus en plus la plateforme. En outre, elle met en évidence le harcèlement en ligne, dont les chercheurs et vulgarisateurs sont souvent la cible, à travers des attaques personnelles et des messages toxiques, notamment de la part de la communauté climatosceptique.

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S’engager ou se retirer ?

Face à cette violence, certains décident de quitter la plateforme, d’autres de s’autocensurer. Mais une autre forme de solution émerge, celle de suspendre son compte, une façon d’occuper l’espace et de lutter contre les faux comptes.

On observe aussi des scientifiques comme Valérie Masson-Delmotte, une paléoclimatologue française, qui considère son activité sur X comme un engagement personnel, à l’image du climatologue Christophe Cassou qui avait décidé de quitter X pour finalement y revenir par force de conviction.

« Quand on ne peut pas attaquer le message qui est robuste et établi, on s’en prend aux messagers. C’est ça qui était compliqué et lourd à gérer : de nous faire passer pour malhonnête, corrompu, manipulé dans un esprit complotiste et nauséabond, avec qui il est impossible de discuter »

Christophe Cassou

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 Christophe Willem 

En 2016, il a décidé de quitter Twitter suite au harcèlement intense d’une fan, qui lui adressait jusqu’à 300 tweets par jour.

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Cette situation s’ajoutait au harcèlement lié à son orientation sexuelle et à son statut d’artiste français. Malgré sa plainte, aucune mesure n’a été prise et il n’a bénéficié d’aucun soutien de la part de Twitter.

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Magali Berdah

La responsable de Shauna Events a porté plainte contre Twitter et X pour complicité de harcèlement moral aggravé dans son conflit avec Booba.

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Elle accuse Booba d’avoir lancé une campagne de cyberharcèlement via Twitter grâce au hashatg #influvoleur et aurait reçu plus de 120 000 messages de haine et de menaces en 1 an. Elle décide de rester sur la plateforme déclarant que Twitter/X n’est pas la source du problème, mais bien ses utilisateurs. 

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Les célébrités

victime de haine

et de cyber-harcèlement

Fragment n° 5  – CBC/Radio-Canada

 

Après une déferlante de haine et de cyberharcèlement, dont Elon Musk n’est pas étranger grâce à ces tweet haineux visant les médias qu’il juge « trop de gauche »,  CBC/Radio-Canada décide finalement de suspendre son compte. Ainsi, leur dernier tweet reste visible, comme forme de protestation et de lutte contre les dérives de X mais aussi de son PDG.  

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