Cap vers la plaisance 2.0 : Les 4 éléments clés pour l’avènement de la plaisance durable.
A partir des années 1990, les acteurs de la plaisance prennent conscience du rôle qu’ils ont à jouer pour la protection des écosystèmes marins. Changement de cap ! Direction une plaisance écoresponsable occasionnée par quatre facteurs complémentaires et simultanés. Découvrons ces dynamiques essentielles qui ont engendré la conciliation entre protection de l’environnement et pratique de la plaisance.
1 – L’innovation contre la destruction des océans.
Le cap vers la plaisance 2.0, une plaisance adaptée à la protection des écosystèmes marins, est largement occasionné par l’apparition de nouvelles technologies plus écoresponsables. Un enjeu primordial pendant les années 1990-2000.
Une innovation nécessaire de la proue à la poupe.
♦ La décarbonatation des moteurs est le premier point d’innovation exploré pour réduire l’impact écologique de la plaisance. La réflexion s’est tournée vers l’invention de technologies moins émettrices.
♦︎ L’amélioration de la composition des produits utilisés pour les engins marins a aussi été primordiale avant les années 2000. Faute de mieux, les peintures, les vernis et les colles employés contenaient des produits chimiques toxiques aux effets catastrophiques. L’utilisation de produits dispersants toxiques a même été avérée dans le cadre des marées noires.
♦︎ La gestion des déchets, un véritable besoin d’innovation pour mettre le cap vers une plaisance plus écologique. Afin de limiter les déchets marins et les déversements, la nécessité d’accompagner les plaisanciers dans leurs pratiques avec des innovations est essentielle.
♦︎ Le cycle de vie des produits est encore aujourd’hui une grande question d’innovation. La mise au rebut des bateaux et leur déconstruction doit se faire de manière responsable. Il est nécessaire d’innover afin de passer du modèle « cimetière de bateaux » à un modèle de recyclage des matériaux.
L’innovation pour faire chavirer les répercussions de la plaisance.
Avant l’apparition d’innovations technologiques, la pratique maritime pouvait susciter des effets écologiques néfastes :
♦︎ La gestion de la pollution de l’eau était un enjeu primordial à cause des rejets d’eaux usées, d’hydrocarbures ou encore de produits chimiques.
♦︎ La réduction de la pollution atmosphérique était aussi un défi à relever.
♦︎ La pratique de la plaisance a pu également contribuer à la dégradation des habitats marins. Par exemple, le mouillage à l’ancre peut endommager les écosystèmes végétaux marins et les récifs coralliens.
♦︎ Les nuisances sonores peuvent avoir des effets destructeurs sur la faune et la flore marine.
2 – La crise des océans, amarrage vers une prise de conscience.
1990-2000, les océans et leur écosystème sont éprouvés. Les acteurs de la plaisance, premiers témoins de l’impact des catastrophes maritimes, ont compris la nécessité de protéger les océans. Choqués, le départ vers une plaisance 2.0 a pu être amorcé plus facilement.
Une sombre période pour les océans.
En 1967, le naufrage du pétrolier Torrey Canyon marque le début d’une ère sombre pour les écosystèmes marins. Près de 7 autres déversements pétroliers majeurs auront lieux jusqu’aux années 2000. Le monde prend pleinement conscience des conséquences dévastatrices de tels incidents.
Protéger le grand bleu.
Cette succession de crises environnementales et leurs conséquences a permis aux acteurs de la plaisance de se rendre compte que l’océan, véritable parc de jeux grandeur nature, méritait une gestion plus durable de leur activité. Une prise de conscience concrète, rapide et choquante. Les amateurs d’activités maritimes pouvent se révéler à la fois fervents défenseurs du littoral mais aussi détracteurs des océans.
Les plaisanciers, les entreprises nautiques et les organisations liées à la plaisance se sont sentis impliqués dans la mobilisation. Différents axes d’actions ont été mis en place suite à cette période sombre pour agir en faveur de la préservation des écosystèmes marins.
Le seul avantage de ces drames écologiques s’avère être cette prise de conscience à tous les niveaux. Elles auront permis à minima, une acceptation de la nécessité de protéger le grand bleu et un moindre refus des actions de luttes mises en place pour se diriger vers la plaisance 2.0.
Des conséquences irréversibles.
Les conséquences des déversements de pétrole sont multiples, tout autant écologiques, économiques que sanitaire.
Les écosystèmes marins, déjà vulnérables, mettent des années, voire des décennies, à se remettre.Les conséquences sanitaires découlent directement de l’impact des produits toxiques sur les êtres marins qui finissent dans nos assiettes.
Les conséquences économiques sont aussi notables avec un impact sur les paysages des sites touristiques côtiers et le nettoyage des rives très coûteux.
La plaisance « déjaugé »
Entre 1990 et 2000, la forte croissance économique globale a contribué à une augmentation du pouvoir d’achat et donc à une hausse d’intérêt pour les activités récréatives, dont la plaisance. Le nombre de plaisancier a connu une augmentation significative.
Ainsi, l’enjeu principal a été de trouver un équilibre délicat entre l’expansion de la pratique et du nombre de plaisanciers et la préservation des écosystèmes marins.
3 – La législation, ancre pour des pratiques responsables.
Cette prise de conscience n’a pas été un facteur suffisant pour concrétiser un changement drastique des pratiques. La règlementation a joué un rôle de déclencheur essentiel pour mettre en place la plaisance 2.0.
Entre 1990 et 2000, la réglementation a encadré les activités nautiques en imposant des normes strictes pour la gestion des déchets, la protection des zones sensibles, et la limitation de l’impact sur la faune et la flore marines. Elle a également permis de jeter les bases de réglementations ultérieures visant à renforcer la protection de l’environnement marin en France et en Europe
♦︎ Des 1976, la Loi du 10 juillet 1976 sur la protection de la nature a proclamé la protection des espèces, des milieux et des paysages comme préoccupation d’intérêt général
♦︎ En 1982, la Loi de Protection de la Mer stipule l’établissement de réserves marines et la mise en place de réglementations afin de lutter contre la pollution générée par les navires afin de faire face à des incidents maritimes d’urgence.
♦︎ En 1992, l’Arrêté du 15 mai sur la gestion des déchets dans les ports de plaisance est aussi notable pour l’adoption des pratiques respectueuses de l’environnement.
♦︎ Dès 1978, la Directive 78/659/CEE a été établie pour lutter contre la pollution des eaux causée par les substances dangereuses rejetées par les navires.
♦︎ La Directive Habitats de 1992 a quant à elle établit les limites pour la protection des zones sensibles dans les zones marines européennes.
♦︎ En 2000, la Directive sur l’Eau a permis de lutter pour la protection et l’amélioration de la qualité des eaux marines.
Un cadre solide. Les lois et réglementions ont constitué une base pour la mise en œuvre de mesures concrètes de protection et le changement des pratiques.
4 – Une mobilisation sur tous les quadrants
Le dernier élément pour l’avènement d’une plaisance écologique s’avère être la participation de toutes les parties prenantes du secteur. Une mobilisation collective et multiniveaux.
Les ports à l’abordage.
Encouragés par la loi, les ports de plaisance se sont impliqués pour faciliter des pratiques plus durables :
♦︎ Des infrastructures pour le recyclage des déchets ont permis d’inciter les plaisanciers à éliminer correctement leurs déchets et faciliter le recyclage des matériaux.
♦︎ L’obtention de label et certifications comme le label « Ports Propres » est aussi témoins de l’implication des ports. Il encourage une gestion du port intégrant des critères environnementaux.
♦︎ Les ports ont aussi mis en place des actions de sensibilisation aux enjeux environnementaux locaux et aux bonnes pratiques à adopter qui ont eu des effets considérables et directs.
Agir pour sa propre barque
La mobilisation s’est aussi traduite par un changement de pratiques individuelles. Les actions individuelles sont non négligeables. Par exemple, la formation à la navigation responsable ou encore la participation à des opérations de nettoyage ont donné lieu à un progrès global. L’amélioration d’un grand nombre de comportements individuels a contribué à une amélioration générale.
L’équipage associatif pour une sensibilisation accrue
Les associations ont eu une contribution importante pour la sensibilisation des plaisanciers. Elles ont souvent été le moteur de mobilisations collectives et de réflexions sur les pratiques individuelles.
Ces actions combinées des différents acteurs ont permis la création d’un secteur de la plaisance plus durable, minimisant l’impact sur l’environnement et contribuant à la préservation des océans et des écosystèmes marins.
La décennie des années 1990-2000 a vu l’apparition de quatre facteurs qui ont permis d’engendrer une plaisance éco-responsable. L’innovation, la crise des océans, la législation et la mobilisation des acteurs ont impulsé simultanément une dynamique pour mettre le cap vers la plaisance 2.0. Une plaisance éco-responsable et durable. Le secteur a connu un changement drastique dans ses pratiques mais le voyage est encore long.